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Jean-Marie Le Pen, né
le
20 juin
1928
à
La
Trinité-sur-Mer (Morbihan),
est un
homme
politique
français
d'extrême
droite (ou de « droite
nationale », selon sa propre expression), issu des courants
poujadistes.
Il est président du
Front national
(FN)[1]
depuis la fondation du parti.
Biographie
Jean-Marie Le Pen, né Jean-Marie Louis Le Pen,
est le fils de Jean-Marie Le Pen, patron pêcheur, et d'Anne-Marie Hervé,
couturière et fille de paysans. Toute sa famille est essentiellement
originaire du département du Morbihan. Le mot pen signifie en
breton
« tête ». Jean-Marie Le Pen est
pupille de la
nation : le bateau où se
trouvait son père aurait heurté une mine allemande en 1942.
Il est élève au collège jésuite
Saint François
Xavier à
Vannes,
puis au lycée de
Lorient.
Il entre ensuite à la faculté de droit de Paris. Il est diplômé d'études
supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il a été
président des étudiants en droit de Paris puis, par la suite, président
d'honneur de la « corpo »,
de
1949
à
1951.
Alors qu'il débute en politique, il fait changer son prénom de Jean en
Jean-Marie (prénom de son père), sa femme considérant que ce dernier est
plus à même d'attirer l'électorat catholique. Le mémoire pour le diplôme
d'études supérieures de sciences politiques, rédigé en
1971,
présenté par Jean-Marie Le Pen et
Jean-Loup
Vincent s'intitule Le Courant
anarchiste en France depuis 1945.
Il tient une partie de son patrimoine de la
vente de la société de cimenterie Lambert, que lui lègue par testament
Hubert Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l'âge
de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses revues
nationalistes). Cette succession donne lieu à un début de poursuites
judiciaires, qui sont abandonnées après négociation avec les cousins de
Lambert. Cette fortune miraculeuse le met à l'abri du besoin et aide son
ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque là ses
revenus des éditions phonographiques
SERP.
Depuis, il est assujetti à l'ISF.
Traditionnellement, les dons aux partis politiques (comme des
héritages)
sont adressés à une association reconnue d'utilité publique. Jean-Marie
Le Pen est condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette précaution
à tous les dons. Il est un temps vice-président du Comité
Pierre de
Coubertin, et exerce les métiers
de marin-pêcheur, mineur de fond, métreur d'appartements, ambulant des
PTT...
En janvier
1953,
il prend l'initiative d'organiser une colonne de secours d'étudiants
volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors
d'inondations aux
Pays-Bas.
Il est alors président de la Corpo Droit à
Assas
et un des dirigeants, contesté, de l'UNEF.
Il reçoit pour cette initiative l'appui public et politique de
Vincent Auriol.
En
1955,
il est le délégué général de l'Union de défense de la jeunesse
française.
Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des
guerres d'Indochine
et d'Algérie.
Il arrive en Indochine en
1955,
après la fin des combats, où il sert comme officier dans le
1er
Bataillon étranger parachutiste
en Indochine (sous-lieutenant). Il y est, entre autres, journaliste à
Caravelle, l'organe du corps expéditionnaire français (1955).
Repéré par
Pierre Poujade,
il est élu député de
Paris
en
1956
sous les couleurs de l'
Union et
Fraternité Française (UFF). À
vingt-sept ans, il est le plus jeune député de l'Assemblée nationale. Il
sera exclu de l'UFF en
1957.
Cette même année, il devient secrétaire général du Front national des
Combattants (FNC). À ce titre, il soutient la candidature d'un Français
de confession musulmane,
Ahmed Djebbour,
qui est élu. Jean-Marie Le Pen a prétendu avoir progressivement perdu
son œil gauche suite à une cataracte traumatique consécutive à une
bagarre en 1958 (Jean Marcilly, Le Pen sans bandeau, 1984), mais
il a changé de version depuis : il est devenu borgne, explique-t-il,
suite à une maladie de l'œil.
L'année suivante, il est réélu député de Paris
Ve et adhère au groupe
parlementaire du
Centre
national des indépendants et paysans
(CNI) présidé par
Antoine Pinay.
Il est à cette époque rapporteur du budget de la
guerre
à l'Assemblée
nationale et de la défense au
Sénat
de la communauté. Il quittera par la suite les bancs de l'Assemblée
nationale et se porte volontaire
pour se battre pour la défense de l'Algérie française.
Quarante ans plus tard, il justifie l'usage de
la torture lors de son temps de service en
Algérie,
contre des partisans avérés ou présumés du
FLN,
cette pratique étant, selon lui, nécessaire pour lutter contre le
terrorisme.
Il déclarait en 1962 dans un entretien accordé au journal
Combat
« J'ai torturé parce qu'il fallait le faire », après des propos dans le
même sens tenus en 1957 à la tribune de l'Assemblée nationale et la même
année lors d'un dîner consacré à la justice en Algérie. Il revient
plusieurs années après sur ses déclarations et affirme n'avoir jamais
lui-même pratiqué la torture.
Il participe plus tard à l'opération
franco-britannique de
Suez.
Jean-Marie Le Pen est décoré de la Croix de la valeur militaire. Il
estime que son engagement politique est fondé sur l'amour du peuple et
de la patrie. Battu en 1962, Jean-Marie Le Pen crée une entreprise
d'édition phonographique, la Serp (Société d'étude et de relations
publiques), spécialisée dans l'édition de chants et de discours
historiques. Il devient le directeur de campagne de
Jean-Louis
Tixier-Vignancour, candidat à
l'élection présidentielle de
1965.
En janvier
1971,
sa maison de disques (la Serp) édite un disque intitulé Le IIIe
Reich. Voix et chants de la Révolution allemande, ainsi qu'entre
autres les chants de l'Armée rouge ou les discours des dirigeants
communistes, comme Lénine. L'un de ces disques lui vaut une condamnation
en 1971 pour « apologie de crimes de guerre ». En
1972,
il est appelé à présider le jeune
Front national
(parti créé par
Ordre Nouveau,
afin d'élargir son champ électoral) et continue son combat pour ses
idées nationalistes. Les résultats électoraux du Front national sont en
hausse depuis les élections municipales de
1983,
à Dreux notamment.
Jusqu'ici titulaire de scores extrêmement
faibles lors des scrutins, la forte poussée électorale d'un de ses
adjoints à
Dreux
en 1983 puis une médiatisation de son discours suite à cette percée
(invitation par
Europe 1,
radio privée, à l'automne 1983, puis sur
Antenne 2,
chaîne de télévision publique, en février 1984, notamment à
L'Heure de
vérité à la demande discrète
de
François
Mitterrand) l'aide à acquérir
une dimension qu'il n'avait jamais atteinte auparavant, ce qui aboutit
au score national de 10,95 % de la liste qu'il conduit aux
élections
européennes de juin 1984 (il
sera réélu en 1989, 1994, 1999 et 2004). La droite doit se positionner
par rapport à Jean-Marie Le Pen, situation inédite depuis 1967-68, car
elle intégrait depuis l'essentiel de l'extrême droite dans ses rangs (la
majorité des cadres du FN viennent des partis de droite ou ont travaillé
avec eux).
Néanmoins, à la suite de la décision de la
Cour
européenne des Droits de l'Homme
(CEDH), il est privé de son siège de parlementaire le
10 avril
2003.
Cette décision fait suite à sa condamnation en
1998
pour agression et à un arrêt du
Conseil d'État
du
31 mars
2000
mettant fin à son mandat d'eurodéputé. En
1992
et
1998,
il est élu au
Conseil
régional de
Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il
rencontre le plus de succès dans des régions comme l'est et le sud-est
de la France. Ces résultats s'expliquent en partie par de nombreuses
tensions sociales, liées entre autres aux tensions entre communautés
d'origine maghrébine et
Pieds-Noirs ;
mais de forts résultats sont enregistrés dans des communes très aisées
comme
Cagnes-sur-mer.
Fin 1998, une scission avec
Bruno Mégret
handicape le Front national : il perd la moitié de ses cadres et des
milliers d'adhérents. Le FN chute à 6 % aux élections européennes de
1999 et n'obtient que 6 sièges.
De son premier mariage avec
Pierrette
Lalanne, épousée le
29 juin
1960
à
Paris
(VIIIe
arrondissement), et dont il
divorce en
1985
ou
1986,
il a eu trois filles (Marie-Caroline, Yann,
Marine)
qui lui ont donné neuf petits-enfants. La plus jeune de ses filles,
Marine Le Pen,
est membre du Bureau politique du
Front national
et l'une de ses vice-présidentes depuis
avril 2003
(à la suite du Congrès de Nice). Jean-Marie Le Pen se remarie le
31 mai
1991
avec Jeanne-Marie Paschos dite Jany, née en
1933,
divorcée de l'homme d'affaires belge
Jean Garnier
et fille d'un marchand de tableaux grec et d'une mère en partie
néerlandaise.
Parcours politique
- De
1956
à
1962 :
député de la Seine (Groupe d'Union et de fraternité française),
siégeant sous l'étiquette du
Centre
national des indépendants et paysans(CNI),
- En
1965 :
il est directeur de la campagne de
Jean-Louis
Tixier-Vignancour,
- En décembre
1972 :
fonde le
Front
national (FN), parti
d'extrême droite (ou de droite nationale),
- En avril
1974 :
se porte candidat à l'élection
présidentielle et obtient
0,74 % des voix,
- En novembre
1976 :
attentat à la bombe contre son domicile parisien qui est
complétement détruit,
-
1978 :
assassinat de
François
Duprat, membre du bureau
politique du
Front
national,
- En avril
1981 :
n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection
présidentielle,
-
1983 :
conseiller du XXe
arrondissement de Paris,
- En juin
1984 :
élu député européen,
- De mars
1986
à juin
1988 :
député de Paris lors des élections législatives (scrutin de liste
proportionnel à un tour),
- En avril
1988 :
candidat à l'élection
présidentielle, il obtient
14,38 % des voix,
- En novembre
1990 :
se rend en Irak pendant la guerre pour négocier directement avec
Saddam Hussein la libération de 55 otages qu'il ramène en France,
- En mars
1992 :
élu conseiller régional de
Provence-Alpes-Côte d'Azur,
- En juin
1994 :
réélu député européen,
- En avril
1995 :
candidat à l'élection
présidentielle, il obtient
15 % des voix, et arrive en troisème position au 1er
tour, après
Lionel
Jospin et
Jacques
Chirac
- En mars
1998 :
réélu conseiller régional de
Provence-Alpes-Côte d'Azur,
- En juin
1999 :
réélu député européen,
- Le
21 avril
2002 :
à l'élection
présidentielle, il obtient
16,86 % des suffrages (sur 16 candidats) et se qualifie ainsi pour
le second tour,
- Le
5 mai
2002 :
obtient 17,94 % des voix au deuxième tour de l'élection
présidentielle contre 82,06
% pour
Jacques
Chirac,
- En
février
2004 : sa candidature pour
l'élection régionale des 21 et 28 mars en
Provence-Alpes-Côte d'Azur
est rejetée par le préfet de Région, pour cause d'absence de
domiciliation ou d'attache fiscale dans la région,
- En
juin 2004 :
réélu au
Parlement
européen.
Élections présidentielles
Il se présente aux élections présidentielles de
1974,
1988,
1995
et
2002,
en professant des idées nationalistes, dont certaines considérées par
ses adversaires comme
xénophobes
et/ou extrémistes :
En 1988, entre les deux tours de l'élection
présidentielle, il aurait rencontré discrètement Jacques Chirac, ce que
ce dernier nie depuis toujours. Les deux hommes se portent une haine
notoire qui date de ce moment.
Lors de l'élection
présidentielle de
2002,
alors qu'il a des difficultés à obtenir les 500 parrainages nécessaires
pour se porter candidat, et que son parti est dans l'ombre depuis sa
scission de 1998, il obtient 16,86 % des voix. Cela lui permet, en
raison de l'éparpillement des voix de gauche sur un grand nombre de
candidats du premier tour, mais surtout du fait d'une pas assez
importante mobilisation des électeurs de gauche, de participer au
deuxième tour contre
Jacques Chirac,
qu'il perd de façon attendue avec 17,94 % des voix contre 82,06 %, à la
suite d'une forte mobilisation. Cette élection constitue un événement
important dans la vie politique française car c'est la première fois
qu'un candidat d'extrême
droite (ou de « droite
nationale ») passe le cap du premier tour à une élection présidentielle.
Son adversaire avait refusé de débattre avec lui en direct sur les
chaînes de télévision entre les deux tours.
En vue de l'élection présidentielle et des
législatives
de 2007, Jean Marie Le Pen a
lancé un appel à différents partis et courants politiques pour
constituer une « union patriotique » selon les termes suivants : « Je
renouvelle mon appel à l'union patriotique, dont naturellement je
prendrai la tête puisque je suis le mieux placé de tous les candidats
qui se réclament de la droite nationale pour l'emporter ».
Il s'agit pour lui d'éviter une dispersion
préjudiciable des voix telle que celle qui a conduit à l'élimination de
Lionel Jospin
dès le 1er tour de l'élection
présidentielle de 2002.
Bruno Mégret
président du
Mouvement
national républicain (MNR) a
répondu favorablement,
Philippe de
Villiers président du
Mouvement pour
la France (MPF) a décliné
l'offre évoquant même un aveu de faiblesse de la part du président du
Front national.
François
Bayrou, président de l'Union
pour la démocratie française
(UDF), n'a quant à lui pas jugé utile de répondre ni les autres partis
de droite.
Style
Ses propos, délibérément provocateurs, choquent
souvent, en particulier lorsque ses remarques sont perçues comme
racistes ou sexistes. Ils procèdent probablement d'une stratégie d'accès
aux médias, car il se plaint que ses propos plus modérés sont
généralement passés sous silence.
- « Croyons-nous pour autant que
l'anarchisme triomphera comme force révolutionnaire et bâtira la
société rêvée par Proudhon et ses disciples ? Non. Nous sommes plus
près de croire que la vocation de l'anarchisme est à la fois plus
profonde et plus durable. La défense de l'homme, de sa personnalité,
maintenant, demain et toujours et dans toutes les formes de société
imaginables. Jamais la tâche ne sera achevée, la tâche de
l'anarchisme, c'est de défendre l'individu de son annulation dans la
communauté mais en sachant que la tension subsistera toujours. » (in
Le Courant anarchiste en France depuis 1945).
- En parlant des malades du
sida,
le
6 mai
1987,
à la télévision (Antenne 2), il dit : « Les sidaïques, en respirant
du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la
nation. (…) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa
salive, son contact. C'est une espèce de lépreux » ;
- Un scandale éclate lorsqu'il déclare le
13
septembre
1987,
au
Grand Jury
RTL-Le Monde, que les
chambres à
gaz sont un « point de
détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Son
argumentation reposera plus tard sur le fait que ces chambres à gaz
ne sont pas le seul lieu où des gens ont perdu la vie pendant la
Seconde Guerre mondiale et, qui plus est, ne seraient pas
mentionnées dans les Mémoires sur la Seconde Guerre mondiale
de Winston Churchill (Plon, 1953), point qu'il n'avait pas mentionné
sur le moment ;
- En 1987, il se prononce pour un moratoire
des dettes des pays du tiers-monde ;
Réf.
nécessaire
- Le 2 septembre 1988, lors d'une réunion
publique : « Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de
l'ouverture dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a
déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y
compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix
tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner… M.
Durafour-crématoire, merci de cet aveu. » Auparavant,
Michel
Durafour avait déclaré lors
d'un passage à la radio : « Il faut exterminer le Front national »
Réf.
nécessaire
- Un autre propos, non relayé, concernait en
2001 le cinquantième anniversaire de la
CECA :
« Constatons que cinquante ans après la création de cet organisme,
on ne fait pour ainsi dire plus ni de charbon ni d'acier en Europe.
Voilà le brillant résultat des institutions européennes »,
ironisa-t-il.
Réf.
nécessaire
Il est connu pour ses débordements oratoires,
ses références à l'Histoire de France (avec des simplifications ou des
raccourcis parfois vivement contestés), ainsi que pour des commentaires
jugés en diverses occasions
racistes
et
antisémites :
il est pour certains condamné, pour d'autres relaxé. Il invoque souvent
que cette forme d'expression est pour lui le seul moyen de se faire
entendre, ses propos n'étant selon lui jamais retransmis par les médias
que lorsque que ceux-ci estiment, à tort ou à raison, pouvoir s'en
servir contre lui.
Ses partisans soulignent quant à eux que son
équipe comporte des personnes d'origines diverses, de confession juive
comme
Jean-Pierre
Cohen, d'origine maghrébine
comme
Farid Smahi,
ou antillaise comme
Huguette Fatna.
Ils affirment aussi qu'une partie de la
communauté
juive de France se serait
rapprochée de ses idées, ressentant une pression de l'antisémitisme
en France dont la responsabilité serait à imputer en partie à l'immigration
musulmane
que Jean-Marie Le Pen estime responsable de nombreux maux.
« Lepénisation des esprits »
Expression employée pour la première fois par
Robert
Badinter en 1997 lors du débat à
l'Assemblée nationale à propos de la loi
Debré
sur l'immigration et qui désigne l'acceptation et l'appropriation
progressive par le public des thèmes développées par Jean-Marie Le Pen.
La question de la succession
Évoquant la rivalité implicite entre
Bruno
Gollnisch et
Marine Le Pen
dans l'optique de sa succession, Jean-Marie Le Pen a déclaré, dans un
entretien au
Figaro
du
6 novembre
2004 :
- « La succession n'est pas ouverte. Il y a
peut-être des gens qui, le soir, mettent des épingles dans des
poupées de vaudou en pensant à moi. Mais pour l'instant, je ne me
sens pas hors de combat ni hors de situation. »
Il a également confirmé, à cette occasion,
qu'il avait subi, avant et pendant la campagne pour l'élection
présidentielle de
2002,
un traitement pour lutter contre un
cancer
localisé, et qu'il en serait désormais guéri. Son seul problème de santé
se limitant à cette époque, selon lui, à une arthrose de la hanche
pouvant le contraindre à une « opération banale ».
Procès
Condamnations
- Janvier
1960 :
condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un
commissaire de police.
-
27 avril
1964 :
condamné pour coups et blessures volontaires.
-
16 janvier
1969 :
condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages
et intérêts pour coups et blessures volontaires par le
Tribunal
de grande instance de
Paris.
-
14 janvier
1971 :
reconnu coupable par la
Cour de
cassation d'« apologie
de
crime de
guerre ». La pochette d'un
disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir
d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par
un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et
démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations
électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »
-
11 mars
1986 :
condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine
confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s'en était
violemment pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive :
« Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan
Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces
gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me
pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut
lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire
pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance
atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».
-
27 mars
1986 :
reconnu coupable d'apologie de crimes de guerre dont la déportation
pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du
parti nazi » et « Vive Hitler ».
-
16
novembre
1987 :
condamné à 3000 F d'amende et 8000 F de dommages et intérêts à
verser au Mrap pour « provocation à la haine, la discrimination et
la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la
distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983.
Condamné lors du même procès à 5 000 F d'amende pour « provocation à
la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses
propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le
monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines
confirmées par la Cour d'appel de Paris (11ème chambre) le
29 mars
1989.
-
8 juin
1993
(pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l'arrêt de la cour
d'appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant
condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation
à la discrimination raciale. Pour la cour d'appel, Le Pen
« met l'accent sur le "monde
islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays" et le
"danger mortel" pour les français de se voir ainsi
"colonisés" ; que de tels propos sont de nature à créer dans
l'esprit des français l'idée qu'ils sont menacés dans leur
identité même par la présence sur leur térritoire de
musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce
groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de
rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de
violence »
alors que pour la
Cour
de cassation,
« les expressions reprochées au
demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de
personnes autre que des populations étrangères
indéterminées, n'étaient de nature à inciter le public ni à
la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale
et n'avaient pas dépassé les limites du droit à la libre
expression sur le phénomène de l'immigration, la cour
d'appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse
application de l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet
1881 »
-
23 mai
1991 :
condamné par la Cour d'appel de Lyon pour « utilisation du terme
SIDA pour stigmatiser l'immigration qui représenterait un danger
aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la
dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et
également une atteinte intolérable à la dignité des populations
immigrées ».
-
18
décembre
1991 :
condamné par la Cour d'appel de Versailles pour « banalisation de
crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour
avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne
dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu
moi-même en voir. Je n'ai pas étudié la question. Mais je crois que
c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre
mondiale. [...] Si, c'est un point de détail ! Voulez-vous me dire
que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire,
que c'est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens
qui débattent de ces questions. »
-
3 juin
1993 :
condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d'amende par la Cour d'appel
de Paris pour son « Durafour-crématoire » (prononcé après l'appel de
Michel Durafour à « exterminer le Front national ») « injure
publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel
Durafour. Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a
rejeté son pourvoi.
-
8 novembre
1995 :
condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de
plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».
-
15
novembre
1996 :
condamné pour « atteinte gravement portée à un magistrat ».
-
6 janvier
1997 :
condamné à 6 000 F d'amende par le Tribunal de
Strasbourg
pour avoir qualifié l'association Ras l'front de « mouvement de
tueurs de flics ».
-
4 juillet
1997 :
condamné par le Tribunal de Paris pour propos racistes.
-
26
décembre
1997 :
condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans
des journaux, à un franc symbolique de dommages et intérêts à onze
associations plaignantes et à payer leurs frais de justice par le
Tribunal de
Nanterre
pour « banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à
l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur
la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux
pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un
détail ».
-
2 avril
1998 :
condamné à deux ans d'inéligibilité (réduits à un an par la cour
d'appel, qui ajoute 8000 F d'amende) et trois mois de prison avec
sursis par le
Tribunal
correctionnel de Versailles
pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits
requalifiés par la Cour d'appel en « violences sur personne
dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses
fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste
Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d'élue) lors des
législatives de 1997.
-
9
septembre
1998 :
condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton
à l'effigie de
Catherine
Trautmann lors d'un meeting
du
Front
national en 1997.
-
10
septembre
1999 :
La Cour d'appel de Versailles considère que la réitération des
propos pour lesquels il a déjà été condamné, i.e. « le point
de détail », sur le fondement de l'article 1382 du Code civil
(responsabilité délictuelle), caractérise le trouble illicite et
confirme le jugement de première instance. (MRAP, avril 2002)
-
10 juin
1999 :
condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal
d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie
de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril
2002)
-
2 avril
2004 :
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10
000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, en raison de
propos tenus l'an précédent dans une interview au quotidien
Le Monde
(il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non
plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui
commanderont »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000
euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l'homme et la
même somme à la Ligue internationale contre le racisme et
l'antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui
sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour
de cassation.
Relaxes et procès gagnés
Le Canard Enchaîné affirma : « Il n'est
pas dans nos habitudes d'intervenir dans les scènes de ménage, mais
celle-ci est d'essence politique et de notoriété publique, nous ne
pouvions garder par-devers nous un document comme celui-ci, et nous
avons décidé de verser cette pièce au débat. » Jean-Marie Le Pen demanda
en vain la saisie du journal, puis porta plainte pour « atteinte
intolérable à sa vie privée ». Le
23 mars
1988,
le journal fut condamné à verser 100 000 francs de dommages-intérêts à
Jean-Marie Le Pen.
Note
Œuvres
- Le courant anarchiste en France depuis
1945 (DES Sc.pol., université de Paris, 1971)
- Les Français d'abord (Carrère
Lafon, 1984)
- La France est de retour
(Carrère-Lafon, 1985)
- L'Espoir (Albatros, 1989)
- J'ai vu juste (Éditions nationales,
1998)
- Lettres françaises ouvertes
(Objectif France, 1999).
Jean-Marie Le Pen a également préfacé Droite
et démocratie économique (1978) et Pour la France (Albatros,
1986) .
Bibliographie
- Pierre Jouve, Ali Magoudi, les dits et
les non-dit de Jean-Marie Le Pen : enquête et psychanalyse, La
découverte - Enquêtes, Paris, 1988
- Le Pen, le vrai (Les
dossiers du Canard,
1992)
-
Cabu,
Le Gros Blond avec sa chemise noire,
1988 ;
Le Retour du gros blond,
1998
-
Gilles
Bresson et
Christian
Lionet Le Pen. Biographie,
éd. du Seuil,
1994
-
Yves
Daoudal, La face cachée
de Le Pen, éd. Godefroy de Bouillon,
2002)
- Jacques Le Bohec, L'implication des
journalistes dans le phénomène Le Pen, deux volumes,
L'Harmattan, 2004
- id., Sociologie du phénomène Le
Pen, La Découverte, Repères, 2005
-
Mathieu
Lindon Le Procès de
Jean-Marie Le Pen (roman), P.O.L.,
1998
-
Roger
Mauge La vérité sur
Jean-Marie Le Pen, éd. France-Empire,
1988
-
Alain
Rollat et
Edwy
Plenel, L'Effet Le Pen,
Le Monde éditions, 1984 ; La République menacée. Dix ans d'effet
Le Pen, Le Monde éditions, 1992
- Alain Rollat, Les Hommes de l'extrême
droite : Le Pen, Marie, Ortiz et les autres, éd. Calmann-Lévy,
1985
-
Maryse
Souchard, Stéphane Wahnich,
Isabelle Cuminal et Virginie Wathier, Le Pen, les mots. Analyse
d'un discours d'extrême droite, Le Monde Éditions,
1997
-
Joseph
Valynseele et
Denis
Grando, À la découverte
de leurs racines, tome I, chapitre Jean-Marie Le Pen,
L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux,
1988
-
Olivier
Warin, Le Pen de A à Z,
Albin Michel,
1995)
-
Michel
Winock, « Les sources
historiques du Front national », dans La France politique.
XIXe-XXe siècle, éd. du Seuil, « Points »-histoire, 2004
-
François
Brigneau, La haine
anti-Le Pen (Collection Mes derniers cahiers,
Auto-édition François Brigneau,
1992)
- Collectif , Album Le Pen, ouvrage
illustré (Objectif France,
2002)
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