Chaque année en France, on dénombre encore 1.000 décès par cancer du col de l’utérus. Pourtant, les frottis sont des outils de dépistage performants. C’est que toutes les femmes n’en bénéficient pas.
Ce cancer est dû à des virus s’apparentant à la grande famille des Papillomavirus. Ils sont largement répandus et sexuellement transmissibles. C’est ainsi qu’on estime que toutes les femmes ont été en contact avec ces virus à un moment donné au cours de leur vie sexuelle.
La majorité d’entre elles les éliminent naturellement, mais d’autres développent un cancer.
Sachant que 70% des cancers du col sont dus à deux virus précis, les Papillomavirus 16 et 18, l’industrie pharmaceutique a mis au point un vaccin contre ces deux virus. Deux laboratoires ont réussi cet exploit, Sanofi Pasteur Merck, dont le vaccin dénommé Gardasil® sera disponible en France dès le mois prochain, et GlaxoSmithKline dont le vaccin Cervarix® devrait être autorisé d’ici 6 mois environ.
Reste aux autorités de santé à formuler les recommandations officielles. Celles-ci se font attendre car excepté la vaccination systématique des jeunes filles avant le début de leur vie sexuelle, il est très difficile de savoir quelles sont les femmes qui en tireront avantage.
En effet, toutes les études ont porté sur les jeunes filles sans vie sexuelle uniquement. De plus, le vaccin est coûteux : 100 euros l’injection, ou plus exactement 300 euros puisque trois injections sont nécessaires à l’immunisation. Le rapport bénéfice/coût n’a pas encore été déterminé.
Ajoutons que les frottis seront toujours indispensables en prévention. En effet, si le vaccin protège contre 70% des cancers du col, il faudra encore dépister les 30% restants…